J’ai lu cette news chez Sbebiwan et je m’en fais le relais (avec son aimable autorisation).

Enfin, si vous êtes chez Bouygues Telecom en tout cas, puisque c’est en partenariat avec l’opérateur français que NTT DOCOMO lance le service de téléchargement de mangas sur mobile MANGA MODE™. Pour le moment, seuls des mangas de l’éditeur Shueisha sont disponibles avec Dragon Ball, Naruto et Death Note. Je n’ai pas le détail des prix par mangas, la seule chose précisée concernant les tarifs est que pour 3 euros par mois, les abonnés au service Manga Mode auront 35 points à dépenser pour télécharger des mangas. Si des abonnés Bouygues passent par là et testent le service, je veux bien connaitre le détail des prix par manga et la qualité des images.

On savait que la lecture de contenu numérique au Japon était plus que répandue, elle est intégrée. On se demandait quand est-ce que ça allait se démocratiser en France. Si je pensais bien que ça viendrait par natifs du numérique, je ne savais pas comment ça arriverait. Imaginant plutôt un débordement de l’utilisation dans le cadre scolaire à la vie quotidienne. Avec l’annonce de BouyguesTelecom, il semblerait que ça arrive par les smartphone et la BD.
Alors oui, il y a la société AveComics qui fait un excellent travail sur la transcription de bd sur les smartphone et qu’on a pu voir sur le dernier salon du livre. Mais cela reste relativement cantonné à l’appstore et je n’ai pas vu énormément de communication sur le sujet (manque de moyens ?) et le catalogue reste encore et toujours insuffisant.
Pour en revenir à l’annonce de bouygues Telecom, je vois deux points intéressants :
Le premier : La sortie du bois des opérateurs de téléphonie mobile, opérateurs qui génère tout de même 31,3 milliard d’euros de chiffre d’affaire pour Bouygues contre 2,159 milliards € pour Hachette par exemple (chiffre d’affaire 2008). Les opérateurs de télephonie mobile ont donc des moyens importants pour acquérir du contenu et le diffuser. Opérateurs qui bien sur n’allaient pas se priver pour prendre leur part du gâteau vu le succès de l’iphone (483 530 ventes en France) et sentant un marché potentiel. Cependant, le fait de choisir le manga n’est pas anodin lui aussi. Qui utilise à outrance son téléphone ? Qui est susceptible de propager des nouveaux usages ? Qui a un penchant pour le manga ? Les digital natives évidemment ! Et les voilà, nos externalités de réseaux dont parlait Françoise BenHamou chez CapDigital, en expliquant que c’était une condition nécessaire à la construction d’un marché.
Le deuxième point : c’est le choix du manga, des blockbusters éditoriaux comme Naruto, Dragon Ball, Death Note adaptés en jeux vidéos, films et autres produits dérivés. Des titres ayant maintes fois prouvés qu’ils étaient rentables. Bouygues ne prend donc pas de risques ou très peu. Et si l’expérience est concluante, offrir un catalogue étoffé peut se faire rapidement et il ne faudra pas longtemps techniquement pour le basculer sur le service MangaMode, en utilisant directement le pdf imprimeur.

Un dernier point que je trouve intéressant. Par rapport au manga en lui même, de par ses différentes caractéristiques : généralement en noir et blanc, d’un format se rapprochant du poche, du découpage en chapitre, des différents publics auquel il peut s’adresser… Le manga est pour moi un excellent vecteur de propagation de l’édition numérique et de ses usages. Le contenu idéal pour promouvoir les liseuses chez une large partie de la population et/ou tester des façons de vendre le numérique (vente au chapitre par exemple).
A lire :
l’excellente thèse de Danah Boyd sur les usages des réseaux sociaux par les adolescents américains.
Le communiqué de presse de NTT DOCOMO (eng).
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